Mon drapeau est en berne

Sujet de l’heure pour les familles québécoises ayant choisi les apprentissages en famille comme mode de vie: projet de règlement modifiant le règlement sur l’enseignement à la maison. Les lignes qui suivent ne sont qu’un partage de MES propres émotions, par rapport à la situation familiale dans laquelle JE SUIS, dans laquelle j’ai choisi d’élever mes enfants. 

On nous a demandé, l’an dernier, de nous plier à une nouvelle loi concernant l’éducation de nos enfants. On nous disait que c’était pour réglementer le cas des écoles illégales (ce qui n’est certes pas notre cas et non plus celui d’une grande majorité des familles faisant l’éducation à la maison). Nous avons fait tout ce qui a été demandé, selon les règlements établis. Nous sommes restés courtois en tout temps et avons très bien collaboré. Cette première année d’essai n’est même pas terminée, on nous coupe déjà l’herbe sous le pied et on nous demande maintenant de nous SOUMETTRE (non mais quel mot ingrat!), carrément. Je dois avouer qu’avec ce gouvernement en place, il fallait tout de même s’y attendre…mais de cette façon….là WOW!

On apprend également ce matin que des documents versés par l’entremise d’une plateforme sécurisée ont été divulgué à des journalistes pour ridiculiser des familles. J’espère que cela est faux. J’espère que ce n’est pas toute la vérité. Je l’espère de tout mon coeur. Cependant, j’ai encore moins confiance. Je ne crois tellement pas à notre système, je n’y ai jamais cru. Aujourd’hui, mes sentiments face à mon gouvernement sont encore pires qu’ils étaient auparavant.

J’ai mal à ma famille.

J’ai mal à ma province. 

Je me demande bien où on s’en va.

Je n’ai plus confiance.

Mon drapeau est en berne.

Tellement de personnes se demandent pourquoi il y a tant de décrocheurs, tant d’enfants médicamentés, tant d’enfants dépressif à un très jeune âge, tant de profs en burn-out…Pourquoi les gens sont malheureux… On se questionne, mais dans le mauvais sens. On s’acharne sur les enfants alors que le problème est ce foutu gros système.

Je suis triste. Je suis en colère. Je suis démolie.

Chers amis, si le coeur vous en dit, informez-vous. Ne vous fiez pas uniquement sur ce que vous lirez dans les journaux dans les prochaines semaines. Si vous ou une personne que vous connaissez avez des questions sur le sujet, écrivez-moi!! Il me fera plaisir de discuter avec vous, de vous donner l’heure juste vue de l’intérieur même d’une famille faisant l’éducation à domicile.

Soutenez notre famille et des centaines d’autres à lutter non pas uniquement pour l’éducation à la maison, mais bien pour nos droits et liberté, ceux de nos enfants et des prochaines générations. 

Soyons tous des citoyens avertis et non-soumis à de la fausse information. Faisons nos recherches avant de se faire une opinion.

#libertééducative #nonaunmouleuniversel20180612_133900 (1)

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Mise à jour…

Mais où sommes-nous rendus? Vous vous le demandez fort probablement…c’est bien certain, je vous ai tellement négligé dans les dernières années. Mais je tiens d’abord à vous remercier du fond du coeur, chères amies lectrices (et lecteurs bien entendu!) pour tous vos gentils commentaires, votre fidélité sur la page Facebook, vos questions et vos beaux bonjours sur Instagram. Cela me fait toujours chaud au coeur d’avoir un petit coucou de votre part. Je vous en suis très reconnaissante. champ été campagne

Donc voici une petite mise à jour des différentes sphères de ma vie, question de vous tenir au courant d’où nous en sommes.

Juliette

Pour les personnes n’ayant pas suivi ce moment de notre vie, notre fille Juliette a eut un accident en mars 2017. Elle a perdu la vue de son oeil gauche. Un bête accident. Elle se porte maintenant à merveille. Elle est resplendissante comme toujours. Elle a une joie de vie contagieuse et une bonté grandiose. Très peu de suivis médicaux maintenant. On parle ici de deux par année. Il y a des inquiétudes quotidiennes (et là je parle dans mon cas, pas dans le sien!), mais j’apprend tranquillement à vivre avec.

Éducation à la maison

Nous en sommes à notre huitième année d’école à la maison. Ma fille aînée est maintenant en secondaire 1 et elle fréquente l’école publique. Son besoin d’être avec tout plein d’amis(es) de son âge a prit le dessus. Elle réussi très bien et s’y plaît beaucoup, malgré l’horaire perturbateur de sommeil et l’étude…et les devoirs!

J’ai donc à la maison une 5e et une 3e année ainsi qu’une petite soeur qui tient à ce que je précise qu’elle est en pré-maternelle! Notre école maison a tellement évoluée dans les deux dernières années. Beaucoup moins de formel, mais beaucoup plus de plaisir! Nous faisons toujours un heureux mélange entre le homeschooling et le unscholing. Un superbe  »entre deux » qui convient à toute la famille! N’est-ce pas un des grands privilèges de l’éducation à la maison? La personnalisation individuelle. Nous apportons des changements constamment sur notre façon de faire, notre horaire…nous faisons plein de tests pour voir ce qui marche mieux ou non; bref, encore après huit ans, on doit encore et toujours s’adapter. Rien n’est statique, tout est mouvement. J’ai enfin saisi!amour simplicité

Les jardins pour 2019

À pareille date l’an dernier, Dominic et moi étions prêts à démarrer notre projet de maraîchage en devenant fermier de famille. Nous avons eu le grand privilège de suivre une superbe formation afin de peaufiner certaines connaissances. Gonflés à bloc, nous étions prêts! C’est alors qu’à l’automne, j’ai eu une idée de génie! Je vous la partage: j’ai décidé (avec l’approbation de mon fidèle compagnon) que nous allions prendre un…(attention au prochain mot qui suivra cette phrase)…BREAK! Bin oui! Idée de fou vous m’en direz tant! Mais nous avons conclu, qu’après toutes ces années à nous courir de tous bords tous côtés, d’enligner bébés après bébés, projets après projets, qu’il était maintenant temps de se poser. Prendre le temps de profiter de nos fins de semaine à faire du camping, des sorties, visiter notre beau coin de pays, etc. C’est le moment où jamais! Les enfants sont hyper partantes et désirent plus que tout, elles aussi, prendre ça plus molo.

Donc pour l’été 2019, pour tous ceux et celles qui attendaient après nous, je vous annonce que malheureusement il n’y aura pas de paniers de légumes. Si la vie le veut bien, ce magnifique projet prendra forme au moment opportun…j’en suis absolument certaine. Nous aimons tellement le maraîchage…c’est notre passion! D’autant plus qu’avec l’éventuelle possibilité de déménager, sait-on jamais, nous ne pouvons pas commencer de nouvelles constructions. Les jardins prendront cependant vie et seront même agrandis. Nous ne pouvons pas perdre une saison de récoltes, c’est beaucoup trop précieux pour notre famille.

La fermette

Nous avons également décidé de ne pas élever d’animaux cette année, compte-tenu du fait que nous désirons prendre une pause. Il ne nous reste à ce jour, que notre belle Angus Bertha (qui est gestante et qui devrait mettre bas dans les prochaines semaines!!! Une première pour nous!!!), ainsi que nos pondeuses. Nous avons une grande satisfaction à élever nos animaux, mais cela nous prend également tellement de temps. Donc pour l’année à venir, nous faisons le choix de consommer moins et d’encourager des éleveurs locaux.

Les projets

Ahhhh si vous saviez! J’ai tellement de projets en tête que je me tape moi-même sur les nerfs!! Je vous le jure, pas évident d’être dans mon cerveau. Je passe de créer une entreprise maraîchère, starter une chaîne Youtube (j’aurais tellement de choses à vous montrer!!!), faire rayonner ce blogue de façon majestueuse pouvant nous fournir les revenus nécessaires afin de créer d’autres magnifiques projets (entre autre celui de permettre à mon chum de ne travailler qu’à la maison!). J’aimerais faire des podcast également (vous jaser ça un peu….ça aussi j’en aurais des choses à vous raconter!), écrire un livre (ça on me le demande depuis un bon moment déjà, mais j’ai encore et toujours le syndrome de la page blanche…c’est un syndrome qui dure depuis plusieurs années dois-je dire!). Je travaille également sur quelques projets artisanaux….à suivre! Dominic et moi avons également mille et un projets pour la ferme (si nous y restons) et tellement d’autres pour la nouvelle propriété!

Bref, vous voyez un peu dans quoi on baigne?!

Et nous voulons primordialement prendre le temps d’être vraiment là pour les enfants. Faire plus d’activités spontanées, voyager, faire du camping, etc. Elles en ont besoin et je dois avouer que nous aussi. Nous profitons beaucoup de la vie sur notre belle fermette, mais il y a tant de choses qui nous attirent.

Le moment est venu…c’est le temps où jamais!vacances famille plage

Et une fois de plus, du fond du coeur, merci d’être passé nous voir.

Mais que se passe t’il donc?!

Comme on dirait ici au Québec : ‘’Mais kessé qui s’passe par che-vous?!’’

Je sais que nous avons surpris plus d’une personne sur notre page Facebook, avec l’annonce de la vente de notre belle fermette. Le gros rush étant maintenant passé (c’est très peu dire!), je me dois bien de vous présenter les faits!DCIM100MEDIADJI_0090.JPG

Dominic et moi sommes de grands rêveurs…de très grands rêveurs devrais-je ajouter! J’ai l’impression que rien ne peut arrêter le flot d’idées qui parcourent nos esprits…en une seule et même journée! C’est plus fort que nous! Je suis souvent l’instigatrice de l’idée la plus folle. Dominic refuse assez catégoriquement mes idées, pour ensuite y songer et me revenir quelques semaines plus tard avec SA bonne idée (lire ici : idée pareille à celle que j’ai présentée quelques semaines auparavant!). S’en est même devenu un runnig gang, notre p’tite marque de commerce!

Tout ça pour vous emmener au fait qu’il y a environ 5 ans, alors que le feu dans mon cerveau voulait tellement que nous déménagions, nous avions deux grandes idées : acheter une plus grande ferme et/ou acheter une très vieille maison à restaurer. La vie faisant toujours tellement bien les choses pour nous, nous avions choisi d’aménager ici sur la ferme, la maison ayant peu de travaux à faire. Nous allions pouvoir consacrer notre temps à l’extérieur, pour les jardins, les animaux, la forêt, etc.champs ferme été québec

En octobre dernier, une propriété que j’avais dans ma mire (bin oui un autre projet de fou!) depuis que nous venions tout juste d’emménager (mais qui était tellement hors de prix pour nous que je ne pouvais juste y rêver) nous est ré-apparue avec une opportunité de rêve! Vous savez ce genre de projet qu’on ne peut tout simplement pas ignorer?! Nous avons donc tenté notre chance et notre offre d’achat a été ‘’miraculeusement’’ acceptée. Cette propriété est le rêve que nous souhaitions il y a 5 ans (lire ici : maison à restaurer pour les 15 prochaines années, avec une tonne d’argent à y investir, mais avec un ô combien potentiel!) et qui s’est présentée à nous cet automne. Pour que ce nouveau projet puisse se réaliser, il ne nous reste qu’à vendre notre belle fermette (des intéressés parmi vous?).beauté ferme québec

Étant donné que la vie nous réserve toujours de grandes surprises, nous avons le bel avantage qu’advenant que nous ne puissions déménager, nous serons tout autant heureux de rester ici et d’y poursuivre tous nos beaux projets. C’est vraiment le plus génial dans toute cette nouvelle aventure…ne pas savoir ce qui nous attend et laisser la vie faire le travail pour nous, avec nous. En attendant de connaître la suite des choses, nous avons maintenant le terrain de jeux parfaits pour nos petits esprits survoltés et pouvons nous imaginer et rêvasser des projets pour deux endroits en même temps! (Je dois vraiment cesser ma consommation de café (c’est quand même sur la bonne voie!)… mon cerveau ne me survivra pas…le pauvre!)

Mais peu importe le résultat, à la toute fin de cette intrigante aventure, je suis persuadée que nous serons tout autant satisfaits et enthousiastes.

La vie est bonne. Je le sais.rêve hiver hivernal québec

Avant-après…

Il y a des événements dans une vie qui marquent notre ligne du temps d’un seul trait. Un trait qui forme ce que j’appelle ‘’un avant-après’’. Vous savez quand on discute avec une amie : ‘’Ohhh avant tel événement c’était comme-ci, ohhh après tel événement c’était comme ça…’’ vous voyez ce dont je parle pas vrai?!

Parfois ces événements marquent un trait plutôt positif; un changement de carrière, un renouvellement de vie, un souvenir qui nous fait un énorme bien. Et d’autres fois, c’est un peu plus amer…un deuil, un événement troublant, etc. Mais je crois que peu importe le sens de ces fameux événements, ils font tout simplement partie de la vie et ils forment les personnes que nous sommes, en ce moment bien présent.spiral-moment présent

J’ai compté 5 grands avant-après dans ma vie. Cinq moments ayant fait une grande différence dans ma vie ou ayant permis une certaine métamorphose de mon moi-même.

Le 1er : La fin de mon secondaire (2002). Moment marquant de ma vie, créant le ‘’avant-après’’ de mon statut d’adolescente versus le grand monde des adultes et des responsabilités qui viennent avec! Période transitoire s’étant relativement bien passée. J’attendais cette liberté depuis plusieurs années et dans mes souvenirs, j’en ai assez bien profité!

2e : la rencontre avec mon amoureux (été 2002). On remonte à il y a 16 ans. Une rencontre stéréotypée en tout point comme dans un film d’amour! J’ai tout de suite eu le feeling que ce serait un VRAI quelque chose. Un an après cette rencontre, nous étions ensemble et nous ne nous sommes jamais quitté depuis. Il est devenu un pilier dans ma vie, celui pour qui j’éprouve tellement d’amour et de respect. Lorsque je pense à lui, mon cœur se gonfle toujours autant, tout comme à nos débuts. Un ‘’avant-après’’ dont je suis encore aujourd’hui tellement reconnaissante!

3: La naissance de notre première fille (juin 2006). Moment des plus perturbants de mon existence. Ce moment tant attendu (déjà à 13 ans je désirais plus que tout devenir maman, mon rêve de petite fille qui se réalisait enfin!). Perturbant dans le sens…complètement déboussolant sur tous les points (j’avais 20 ans lorsque je l’ai mise au monde). Passer de sages-femmes pour l’hôpital avec césarienne, me retrouver seule avec bébé de longues journées, sans voiture, un peu à l’écart de tout. Je me souviens encore de ce sentiment de solitude qui m’envahissait complètement. Tous ces doutes et inquiétudes qui venaient prendre toute la place dans ma tête et dans mon cœur et qui me volaient en quelque sorte toute ma confiance en tant que mère. Bref, un avant-après très perturbant, mais ô combien enrichissant! (on a quand même décidé d’avoir trois autres enfants ensuite!)suivre son chemin4: Notre déménagement en 2015. Quitter la vie que nous avions bâti de toutes pièces, l’envie de réaliser quelque chose de grand, de mener un nouveau rêve à la réalité. Ce fût honnêtement un énorme morceau de faire ce move. Je dis souvent à la blague que ça fait trois ans et qu’on commence à peine à s’en remettre! Ce avant-après’’ a marqué la ligne du temps de toute la famille.

5: L’accident de notre fille Juliette (mars 2017). Une splendide journée en famille et toute ensoleillée, se terminant par un bête accident…moment marquant de notre vie familiale. Troublant et percutant. Avec le recul, lorsque je me replonge dans ces instants devenus aujourd’hui souvenirs, je peux encore ressentir toute l’incompréhension et la tristesse qui m’envahissaient. Je me souviens marcher dans les corridors de l’hôpital la tête basse, suivant ma fille en chaise roulante, en laissant déferler en silence les larmes sur mes joues, en me demandant ce qui pouvait bien se passer. Un ‘’avant-après’’ ayant laissé des traces importantes, autant sur ma ligne du temps que sur celle des autres membres de notre famille.

Et finalement, dans le moment présent, je me sens un peu en attente du prochain ‘’avant-après’’. Ce moment qui marquera une fois de plus notre vie. Je sens beaucoup de mouvement, beaucoup d’intention, d’énergie et de nervosité depuis quelques temps (et ce n’est quand même pas la pleine lune à tous les jours!!). Je sens qu’un nouveau moment approche et le fait de savoir pertinemment qu’il surviendra à l’instant où je ne m’en attendrai fort probablement pas me trouble pas mal beaucoup! C’est exactement à cause de cela qu’il marquera ma ligne du temps…le fait que je ne sais pas du tout quel sera-t-il et quand il aura lieu. Cette période d’attente je la ressens, positivement et négativement à la fois. Je ressens une certaine angoisse à l’idée qu’un autre événement malheureux vienne me percuter et en même temps une forte excitation à savoir si quelque chose de vraiment formidable se pointera le bout du nez dans ma vie.pleine conscience

Leçon de toute cette histoire…vivre le moment présent. Si vous saviez à quel point j’y travaille et ce, depuis plusieurs années maintenant. Si je me concentre sur le moment que je vis là, tout de suite, pas tantôt dans une heure, mais là, en ce moment, je pourrai en savourer pleinement ses délicieuses secondes une à une. C’est un privilège d’y avoir droit à toutes ces secondes et minutes d’instant présent…je m’en fais un devoir de les accueillir et de les vivre pleinement…tout en attendant mon prochain moment ‘’avant-après’’…peu importe sa nature.pleine conscience moment présent.JPGSoyons heureux, là tout de suite…pas demain.

Surprise de la Vie…

Il y a de ces surprises de la Vie qui nous remplissent le coeur d’une joie immense, d’un bonheur profond. Parfois des surprises à double sens, qui sont à la fois plaisantes et troublantes. Des surprises vraiment pas agréables. Et il y a ces surprises de la Vie que nous pouvons appeler…ACCIDENTS. Accident dans le sens qui n’aurait jamais été possible de prévoir, de prévenir, d’empêcher. Accident dans le sens  »grave » du terme. Accident comme nous n’avions jamais pensé que cela pourrait arriver, arriver à l’une de nos filles. Nous l’avons vécu en mars dernier.

Notre deuxième fille, Juliette, pendant un après de jeu dans la forêt, a perdu pied du haut d’une colline de sable, ayant dans la main gauche des branches. En tombant, elle a probablement tenté de se protéger, mais l’une des branches est allé transpercer son oeil. Elle a jusqu’à maintenant trois opérations à son actif, des tonnes de gouttes et un million de contre-indications! Elle est maintenant dans l’attente d’une future opération afin de terminer le travail, qui espérons, lui donnera la chance de retrouver la vue de son oeil gauche.

J’ai la Foi. Juliette et moi avons la Foi. Depuis les tous premiers instants. Depuis la balade en ambulance, pendant l’attente à l’urgence, juste avant de rentrer au bloc pour la première fois, etc. Nous savions et ressentions profondément que Dieu était avec nous. Nous avons la Foi. C’est un accident et nous n’y pouvons rien. Nous savons que cet événement lui est arrivé car il est totalement à la hauteur de ce qu’elle est capable de surmonter. Et elle le fait avec brio. Et de ce fait, nous avons tous un petit quelque chose à retenir, chacun à notre façon.

Jamais je n’aurais pensé vivre une telle chose dans ma vie. Mais je suis fière et surtout privilégiée d’être la maman de cette enfant. Chaque soir, lorsque je me couche près d’elle, je ne peux m’empêcher de verser une larme, une larme de fierté. Et ensuite, je ne peux m’empêcher de songer à toutes ces familles qui vivent des situations semblables, tous ces parents qui accompagnent leurs enfants dans la maladie, la souffrance et qui le font la tête haute, avec un coeur rempli de larmes. Une pensée également à tous ces frères et soeurs qui voient un des leurs dans une situation qu’ils ne comprennent peut-être même pas et qui souffrent eux aussi, à leur façon.

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L’envers du décor

*Suite à la publication de mon amie Katherine ayant pour titre  »Ce qui ne paraît pas », j’ai décidé de vous faire part, l’espace de plusieurs lignes, de ce qui se cache plus souvent qu’autrement derrière mes belles photos Instagram, mes beaux profils Facebook, mes inspirantes publications ici sur le blogue. Je tiens à préciser que ceci est écrit avec du recul, en toute honnêteté, sans prétention, avec l’immense conviction que je suis une bonne maman remplie d’une tonne de défauts et d’imperfections, mais remplie de tout l’amour du monde pour mes enfants. J’adore mes enfants. J’écris au JE car je n’implique réellement personne d’autre dans ces propos. Ceci est MA réalité, de certains jours  moins faciles, mais je pense que plusieurs mamans s’y retrouveront également…Et en aucun cas, je ne ciblerais volontairement qui que ce soit de façon personnelle par l’entremise de ce texte. Si j’avais quelque chose à vous dire personnellement, ce serait déjà fait. 🙂 

FAIRE LE CHOIX

Être maman à la maison…un choix que nous avons fait il y a de cela 11 ans…Jamais je n’aurais pu me douter de ce qui nous attendait!

Être maman à la maison et décider de devenir également parent-éducateur…ah bin là! On oublie les scénarios, rien ne pouvait être plus imprévisible que ce qui nous attendait…et qui nous attend toujours. Lorsque nous avons prit cette importante décision, mon conjoint et moi, il est sans dire que nous désirions faire tout ce qui était en notre possible pour BIEN faire le tout. Et quand je dis BIEN faire, c’est réellement offrir le 150% de nos capacités à nos enfants non seulement pour leurs vies, mais en plus dans ce que l’on appelle leurs apprentissages académiques. Dans mon cas de MAMAN à titre officiel, offrir mon 150%, signifie au fil du temps à y mettre trop souvent ma santé (vive les multi-vitamines), mon énergie (c’est certain que se coucher passé minuit surtout quand les p’tits s’endorment à 19h n’aide pas non plus), mes passe-temps (kessé ça?!?) et même parfois mon couple (ouin, désolée mon amour) à profit.

C’est réellement très difficile à décrier ou faire comprendre aux personnes qui nous entourent la complexité de notre quotidien; et c’est surtout pour cela que nous le faisons que très rarement. L’isolement devient alors acquis et parfois très nuisible. Éduquer à domicile est NOTRE choix. Oui. Cependant, il faut être conscient que ce n’est pas parce que nous faisons ce choix que nos journées ne peuvent pas nous sembler très difficiles, pénibles, voir même carrément l’enfer. Une personne allant travailler à l’extérieur a le droit de chialer sur son travail, sur la route, sur ses collègues et pourtant…elle a aussi fait ce CHOIX. Donc, nous devons nous donner le DROIT de trouver que parfois, tout ça n’est vraiment pas évident!

LA FAMEUSE  »MAUVAISE » JOURNÉE TYPE

En une journée, voir même une matinée, nous pouvons passer par des tonnes d’émotions, régler le sort de presque la Terre entière et régler des problèmes inimaginables.Je dois constamment motiver mes troupes en répétant sans cesse à voix haute:  »Si tu arrêtais de niaiser, tu terminerais tellement plus vite! » Il y a de la chicane dès le lever et je ne cesse dès lors de me demander qu’est-ce que j’ai bien pu faire pour que cela soit ainsi?!! Une grande fille plutôt arrogante pour son âge, me faisant toujours sentir comme la plus pire des mères de la planète (et elle ne se gêne pas pour me le dire carrément! et là je me demande si c’est un reflet de moi-même…suis-je si pire que ça?), une petite de 2½ ans qui veut absolument se servir à même la pinte de lait, sans son verre, et qui déverse le tout par terre (c’était un sac flambant neuf!), une belle de huit ans un peu trop dans son imaginaire qui fait brûler le bot de son crayon à même l’ampoule de sa lampe de bureau, une cocotte de 6 ans avec un trop plein d’énergie et une envie démesurée d’avoir du fun. Toutes avec des personnalités tellement différentes…ça ne peut faire autrement que des flammèches, non?!

Il y a beaucoup de chicane..on me dit souvent que c’est normal! Ils font tous cela! Mais MOI, je trouve cela réellement pénible, voir même totalement troublant de voir ma progéniture se chamailler, se chicaner, se battre aux coups SANS ARRÊT. Elles stoppent leurs travaux pour aller déchirer la feuille de l’autre, pour passer tout près et donner un petit coup de coude, pour péter une coche et se mettre à crier les unes après les autres. On rajoute à cela, un refus catégorique pour ne PAS faire la feuille de fractions, lancer un cahier par dessus bord ou une crise inattendue car il n’y a aura pas de temps d’ordi à l’horaire aujourd’hui!

La petite, toujours bien accroché à ma jambe, qui ne veut pas faire de casse-tête, pas dessiner , pas jouer avec ses bonhommes, pas regarder de livre, pas faire une des dix millions de petites activités préparées dans de beaux petits sacs individuels (fait exprès pour ce genre de situation qui semblait pourtant la meilleure idée au monde sur Pinterest!) et qui décide finalement qu’elle a envie de pipi et n’a pas tout à fait le temps de se rendre à la toilette…Et moi de savoir pertinemment que dès que je vais quitter le bureau des filles, pour aller ramasser ce superbe gros pipi qui est en train d’entrer dans les craques de mon beau plancher trop droit de maison de 75 ans et qui coule assez rapidement vers une autre pièce, que le bordel perpétuel recommencera et qu’elles ne prendront pas ce précieux temps pour s’avancer, tout doucement, afin de terminer pour UNE fois avant l’heure du dîner afin d’aller profiter du superbe soleil à l’extérieur (parce que non, nous ne réussissons presque jamais à aller dehors en avant-midi!).

Il y a toutes ces fois où je tente de me cacher dans mon bureau, une larme à l’oeil,(voir même pas mal de larmes) à sans cesse me demander  »Mais pourquoi je fais tout ça? Ça donne rien. C’est carrément ridicule. Je pourrais faire tellement autre chose de MA vie. Il y a tellement de projets que je mets sur la glace, en attente de ces jours où je serai seule à la maison. Je dois être la seule qui se sent comme ça, complètement perdue et désespérée. Nous serions supposé avoir du plaisir, en profiter, jouer, ne pas se soucier de rien, etc. » Et là, je me met à CULPABILISER parce que je me sens comme ça! Et vous savez, de ces journées, il y en a des tonnes dans une année! Et ce qui me tue le plus, c’est qu’il n’y a presque jamais de congé pour ce sentiment de culpabilité. Quand ce n’est pas de la culpabilité à cause de mes propres ressentis, c’est que je me mets à croire que je n’en fais pas assez pour elles, que je n’offre pas assez de matériel, d’expériences éducatives, de visites d’amis, que nous ne faisons pas assez d’arts, de projets, que leurs échecs sont de MA faute, que je ne leur fait pas apprendre le grec ou le latin, et je vous épargne tout le reste (c’est assez déprimant comme ça!).

Je me mets alors à penser à toutes les mamans d’école-maison que je connais (personnellement ou virtuellement) et que je trouve tout simplement juste trop WOW!!! Vous savez, ce type de maman qui ne cesse de nous impressionner? Celles qui ne semblent jamais fatiguées, qui font des tas d’activités aux quatre coins du pays, qui planifient des projets tous plus flyés les uns que les autres, celles qui organisent des superbes voyages en famille, celles qui semblent totalement tout le temps sereines, celles qui ont un calme fou avec leurs enfants pendant toute une journée lors de sorties de groupes, celles qui offrent à leurs enfants du matériel auquel je ne pourrais même pas imaginer mettre pour le fun dans mon super panier virtuel Amazon, celles qui s’entraînent et qui prennent soin de leur propre corps, celles qui semblent pouvoir tout faire  »fitter » dans une seule journée et qui réussissent à offrir un temps de qualité à leur couple….Et c’est là que je quitte le moment présent et que je me mets à ENVIER et songer à  »Si ça serait comme ça… ». C’est tellement malsain. Quelle punition je m’inflige!

Vient ensuite la COLÈRE, de ma part. La colère de penser ne pas bien gérer le tout, de sentir que je ne suis peut-être pas à la hauteur.De perdre le contrôle de ce qui se passe, que ce soit dans ma maisonnée ou dans mon coeur. Il y a même de ces pensées qui me viennent en tête et me font frissonner. Je ne peux même pas comprendre comment cela se fait que je puisse parfois songer à tout sacrer là et m’en aller. Les laisser se débrouiller carrément toutes seules ou penser les embarrer dans leur chambre afin d’avoir ne serait-ce que 15 minutes de tranquillité, pas de bruit, pas de chicane, pas de  »Maman qu’est-ce que tu as dans la bouche…ça sent le chocolat!??! », pas de  »Mammmmman….ma soeur m’a regardé de travers », pas de hurlements de désaccord, pas de vision de mes filles en train de se frapper entre elles pour une simple efface…Parfois, je me vois même retourner travailler, ou même m’en aller tout bonnement et laisser leur pauvre papa dealer avec tout ça, ne serait-ce que pour 24 heures, simplement pour partager cette peine, pour me sentir l’espace d’un instant…comprise.

Non pas que leur papa n’est jamais là. Au contraire. Il est vrai par contre qu’il travaille à l’extérieur plus de 48 heures/semaine, que pendant les saisons plus froides il en profite pour faire des heures supplémentaires afin de nous simplifier un peu plus la vie pour les saisons plus chaudes. On n’a pas le choix; nous avons seulement un salaire mais nous avons le grand privilège d’avoir cet emploi stable. Nous sommes des privilégiés. Je le sais. Mais après certaines journées pénibles, où je me sens carrément comme une moins que rien, pas peignée, découragée, démotivée, encore vêtue de mon pyjama à 15h00, que je réalise que nous ne sommes pas encore allées jouer dehors (car il FAUUUUT aller jouer dehors c’est bon pour le moral dit-on!), mais que ça ne me tente tellement pas de remettre pour la millième fois les mitaines de la petite, de voir une grande lancer une balle de neige pas mal trop dure dans le visage d’une de ses soeurs et de simplement devoir ENCORE songer à une conséquence positive à lui donner, de voir une autre tomber en bas de la pente enneigée, d’en entendre une autre brailler sa vie parce que le chien est parti avec sa rondelle de hockey et qu’il faudra de toute façon que je rentre à 15h45 avec la toute petite (qui ne voudra assurément pas rentrer avec moi, qui fera fort probablement une crise et que les grandes au lieu de profiter de leur liberté, chialerons à leur tour pour nous suivre) afin d’aller préparer un souper (que la toute petite voudra absolument m’apporter son aide afin de le préparer en un temps record!), un souper disais-je, dont la plupart des enfants n’aimeront pas et rouspéteront tout le long du repas. Que je passerai e 15 de  »repas en famille » à répéter que nous sommes chanceux et qu’ils y a des millions d’enfants dans le monde qui n’ont pas la moitié de leur chance. Qu’il me restera ensuite à tenter de faire la vaisselle (et je parle ici seulement de laver et même pas d’essuyer…chose que j’ai abandonné avec les années), de gérer toutes les douches (ce n’est pas parce qu’il n’y a plus de bébés que l’heure du bain est plus évidente! Et oui, il faut les motiver pour ça également!), de faire un 5 minutes de Pinterest sur le coin du comptoir (en me disant que j’ai quand même le droit de me gâter un peu), en me faisant regarder comme une extra-terrestre par mes enfants qui réussissent à me faire sentir coupable, qu’elles ne se trouvent pas d’activité plaisante, calme et amusante avant d’aller se coucher, qu’elles préfèrent de loin se chicaner, que je me fais en plus demander si j’ai le GOÛT de lire huit millions de chapitres du livre que nous avons commencé il y a deux mois et qui n’est toujours pas terminé car je ne réussie jamais à placer un mot sans me faire interrompre et que LÀ…Papa arrive et me demande son fameux:  »Comment ça va? » …Mmmmmmm….ma réponse ne lui plaît pas souvent . Parfois je ne réponds même pas. Et après que chacune des filles se soit levé au moins 2 fois, pour le 4e pipi, le 5e verre d’eau, la célèbre phrase  »Maman j’avais oublié de te dire… », que j’ai réussi à aller prendre ma douche avant 22h et que je m’assoie tout près de mon amoureux, je peux ensuite lui répondre:  »Ouais, ça pas été si pire que ça aujourd’hui ». Et le pire, c’est que je le pense!

Alors, chères mamans d’école-maison, nous devons nous unir, faire face aux tabous, accepter que tout est loin d’être parfait et que tout ne sera jamais parfait. Il faut cesser de culpabiliser. Il faut vivre dans LE moment présent et cesser une fois pour toute de songer toujours à  »Si ça serait autrement… » Brisez la solitude chères mamans, trouvez une ou des mamans qui vivent une réalité semblable à la vôtre, qui partagent les mêmes valeurs que vous, qui ne jugent pas et échangez avec elles. Discutez, videz votre coeur, vos pensées. Aller chercher ce type de support est à mon avis PRIMORDIAL.

Il faut également cesser de penser que ce que l’on voit ou lit sur les blogues, les sites, Pinterest ou Facebook est la VRAIE vie en tout temps! C’est tellement faux! Mais un blogue ou un Facebook est un endroit où l’on a du plaisir à partager ce qui nous rend HEUREUX, au travers de journées qui sont parfois tellement difficiles. Parfois, le partage d’une simple photo sur les médias sociaux, suivi de gentils commentaires m’aide à traverser ma solitude et m’encourage à continuer. C’est comme une légère brise d’air frais, ou une petite tape dans le dos pour m’aider à poursuivre ma journée plus positivement. Mon blogue est un recueil de beaux souvenirs et le fait de le mettre en ligne me permet d’échanger avec des gens de partout sur la planète, de partager également nos idées, nos connaissances, des encouragements ou du support moral.  Lorsque j’y retourne pour regarder nos photos ou lire nos beaux moments, wow!…ça ME fait tellement de bien et je finis, l’espace d’un moment, par oublier cette mauvaise journée. Par contre, je vous en prie, ne prenez pas pour acquis que ce que vous voyez soit la perfection. La vraie Vie est tellement loin de la perfection! Croyez-moi. Mais après cette-plus-que-trop-longue-publication, vous connaissez maintenant une infime partie de l’envers de notre décor! 🙂

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Ce n’est qu’une continuité…

C’est avec tellement de joie et d’enthousiasme qu’à l’été 2015 nous avons concrétisé un grand rêve: avoir une ferme. Ici au Québec, nous appellerions cela une fermette, mais comparativement à notre ancien terrain de plus ou moins 2 acres, notre nouvelle terre de 74 acres de plus nous semble mériter le titre de: ferme!

Un projet que mon conjoint et moi chérissions plus concrètement depuis trois ans, voit enfin le jour. Cette magnifique attente nous a par contre donné la chance d’approfondir tout plein de connaissances, que ce soit pour la création de jardins potager, en partant des semis jusqu’à la conservation, l’élevage d’animaux, etc. Depuis plus d’une douzaine d’années que nous partageons nos vies ensemble et jamais nous n’avons cessé de faire grandir ce besoin d’avoir une grande terre pour y faire grandir nos enfants et également pour pouvoir pratiquer notre passe-temps favoris: l’apprentissage de l’auto suffisance.

Pendant que Papa doit aller travailler à l’extérieur, les filles et moi faisons l’école à la maison. Ce mode de vie nous permet de vivre davantage cette merveilleuse aventure tous ensemble, à temps plein! Malgré tous les hauts et les bas inimaginables de la vie quotidienne, nous sommes profondément très choyés d’avoir entre les mains toutes ces précieuses richesses.

Suite à l’écriture pendant quelques années d’un autre blog portant davantage sur l’école à la maison, nous avons décidé d’en repartir un tout nouveau, dans le but de partager avec vous notre aventure quotidienne à la ferme et également de créer un recueil-souvenirs pour nos enfants. Il nous fera plaisir de vous parler de nos coups de coeur personnels, des produits chouchous, des lectures, des activités,etc. et tenons à préciser que nous ne recevons jamais de compensation monétaire pour ces partages.

C’est donc avec le plus grand plaisir que nous vous souhaitons la bienvenue dans ce qui est pour nous non pas un nouveau départ, mais une simple continuité de ce que la vie nous a réservé.

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